Après six journées de mobilisations de plus en plus massives qui ont réuni jusqu’à 3,5 millions de manifestant‑e‑s, alors que de nombreux secteurs sont marqués par des grèves reconductibles, que les actions de blocages économiques se multiplient et que le mouvement recueille le soutien d’une large majorité de la population et rassemble désormais salarié‑e‑s, retraité‑e‑s, chômeurs/euses, lycéen‑ne‑s et étudiant‑e‑s dans un même rejet de la régression sociale qu’il veut nous imposer, le gouvernement s’obstine et tente de boucler le dossier brûlant des retraites. En effet, le vote de la contre-réforme a eu lieu hier au Sénat, et va être examiné cet après midi même à l’Assemblée Nationale. Mais les étudiant‑e‑s ne sont pas dupes et ne considèrent pas que la partie est gagnée pour le gouvernement ! Une fois encore, ils prouveront que le cours des choses peut être inversé, alors même que le pouvoir leur confisque le droit de contestation. La page n’est pas encore tournée, nous appelons les étudiant‑e‑s à se rendre massivement dans la rue pour cette nouvelle journée de mobilisation nationale.
Alors que l’on nous promettait une fois de plus que cette réforme était la bonne, celle qui allait sauver définitivement la retraite par répartition, le Sénat a adopté un amendement qui trahi les intentions réelles du pouvoir. En prévoyant « une réforme systémique » à partir de 2013, le Sénat révèle le véritable objectif du gouvernement qu’il soutient : en finir avec le système par répartition pour aller vers un système par points ou par comptes notionnels, totalement individualisé, rompant définitivement avec le principe de solidarité qui est la base du système actuel.
Par ailleurs, si Laurence Parisot, patronne du MEDEF, considère que la demande de négociation sur l’emploi des jeunes et des seniors représenterait une « bonne façon de passer à autre chose » (annonce du mardi 26 octobre), nous considérons qu’il n’est pas venu le temps des négociations alors que le mouvement étudiant est en pleine évolution. Plusieurs facultés seront encore en grève pour la journée de demain, notamment ponctuellement pour permettre aux étudiants d’aller manifester.
Face au véritable déni de démocratie que constitue l’entêtement du gouvernement, la stratégie mise en œuvre par l’intersyndicale interprofessionnelle n’est pas à la hauteur : l’absence de soutien aux secteurs en grève reconductible et aux actions de blocages économiques affaiblit des formes de mobilisations qui sont pourtant les plus à même de faire céder le gouvernement. Bien que nous considérions, avec l’Union syndicale Solidaires, que la date du 28 octobre est trop tardive, laissant trop longtemps isolé‑e‑s les nombreux/ses salarié‑e‑s en grève depuis maintenant plus de deux semaines, la Fédération SUD Étudiant appelle les étudiant‑e‑s à participer massivement aux manifestations de demain, ainsi qu’à toutes les actions qui se décident localement dans l’unité entre salarié‑e‑s, lycéen‑ne‑s et étudiant‑e‑s, afin de maintenir et d’amplifier le rapport de force jusqu’au retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites.
le 27 octobre
Communiqué de la Fédération des Syndicats SUD Etudiant