Lettre ouverte à Solidaires, où… “la pacification sociale”

Publié le par SUDEtudiant63

         Salut à vous. Je ne sais pas vraiment à qui je m'adresse(à quelle porte parole?), et je doute que ce mail soit lu ou compris.Je vous écris en mon nom, pas au nom de mes “camarades ” syndicalistes. Je suis un simple militant quotidien à SUD Etudiant-e 63. Au départ, j'étais anti-syndicalisme primaire, mais je ne connaissais pas vraiment les syndicats dits “de lutte” ou “alternatifs”. Je milite à SUD depuis 3 ans, ce qui signifie depuis mon inscription à la fac. J'aime beaucoup l'ambiance et les actions à SUD Etudiant 63 et nous nous entendons très bien avec toute l'union locale (Solidaires 63).
Oui mais…
         Je n'ai pas toujours été en accord avec la fédé Solidaires, ni même parfois avec la fédé SUD Etudiant-e. Mais ce qui fait la force de notre syndicat, c'est aussi l'indépendance des syndicats locaux. “Ni hiérarchie, ni directive, prise de décision collective” comme le dit une de nos affiches nationales. Nous ne reçevons aucun ordre  ni de SUD Etudiant-e ni de Solidaires, nous sommes parfaitement autonomes, ce qui est assez rare dans le syndicalisme pour être noté.
          Mais bref, j'en viens à ce qui m'intéresse (désolé de la/des longueurs). Il parait que le capitalisme est en crise, et du coup certain-e-s citoyen-ne-s se réveillent (enfin) de leur apathie. J'ai bien sûr participé aux journées du 29 janvier et du 19 mars, à la suite desquelles Solidaires 63 et la CNT 63 appelaient à poursuivre la grève, ce qui bien entendu a été rejeté, grâce (à cause?) des syndicats réformistes, et malgré certaines promesses (CGT 63 notemment). J'ai participé au 1e mai à reculons, j'y suis allé en hommage aux 4 pendus de Boston. Par contre, je n'ai pas mis les pieds aux “journées d'action” du 26 mai et du 13 juin. Comme beaucoup, je me suis senti laisé par les syndicats, fiers de leur mascarade. Nous faire passer le 1e mai pour un jour de grève, jusqu'où va-t-on aller? D'ailleurs Solidaires 63 n'a pas signé l'inter-syndicale pour ces deux journées, et seulement une dizaine de “sudistes” y ont participé (un tract a été écrit pour monter la grève générale).
             Je ne comprends pas ce que fait encore Solidaires dans le “G8 syndicale”. Je ne comprends plus l'attitude d'Annick Coupé, je ne me reconnais absolument pas dans ses derniers discours. J'ai rencontré d'anciens militant “sudistes” qui m'ont dit qu'il n'y a pas si longtemps, ses interventions étaient bien plus radicales (ce n'est en aucun cas une attaque personnelle). D'ailleurs, votre (oui ce n'est pas le mien) G8 a rejeté la demande de la CNT d'en faire parti. Ce qui pour moi implique que Soldaires, syndicat autoproclamé de lutte, préfère pourparler avec la CFDT, CFTC, FO et consorts plutôt qu'avec la CNT (peur des libertaires?). Je pense pourtant que beaucoup de structures locales s'unissent plus souvent avec la CNT qu'avec les autres. J'étais heureux quand Solidaires n'était même pas invité dans les salon de l'Elysée après le 29 janvier. Mais quand j'ai appris que la fédé ne refuserait sans doute pas une invitation… Sur un des derniers autocollants Solidaires est écrit “Comme en Guadeloupe, Gagner c'est possible. Grève générale!”. J'ai lu une interview d'Annick Coupé disant qu'il ne fallait pas faire de parallèles avec la Guadeloupe…
Bref, aujourd'hui Solidaires semble prêt à tout pour obtenir la divine représentativité syndicale, et du coup devenir un syndicat de masse. Après tout, pourquoi pas. Mais j'ai bien peur que l'on perde alors ce qui faisait jusqu'à présent notre force, être un syndicat de lutte. Pour moi, il ne fait plus aucun doute que Solidaires fait désormais parti des acteurs de la paix sociale, et ce certainement contre l'avis de la majorité de ses militant-e-s/adhérent-e-s. Personnelement, je pense qu'il faut désormais quitter ce G8 réformiste, cela fait trop longtemps que l'on se joue de nous, et ce n'est certainement pas là que se jouera (ou pas) la (g)rève générale. J'ai même lu avec décéption dans un journal que depuis le début du mouvement contre (mais pas anti) la crise, la CGT (ça je le savai) mais aussi SUD tentent de calmer leur base… Et j'ai peur que ce soit vrai. Dans l'intersyndicale, je ne vois pas un seul syndicat qui soit pour la grève générale, à part Solidaires, même si je commence à m'interroger. Ce serait un geste fort et hautement symbolique de quitter cette mascarade, et de s'auto organiser (ou avec la CNT, AC!, le DAL, la Conf. Paysanne…), d'aller dans les entreprises, car c'est là que ça se joue, pas dans les bureaux (je ne vous apprends rien).
          En conclusion, je resterai à SUD Etudiant-e 63 l'an prochain, mais je refuse un syndicat qui est un des pions de la pacification sociale, car jouer le jeu d'un gouvernement néo fasciste et ultra libérale ne sera jamais la solution, nous n'aurons par ce biais que des miettes (s'ils daignent nous en laisser). Abandonnons les Chéreque, Thibault, Mailly et consort. Si vous vous sentez satisfaits de l'état de la lutte aujourd'hui, grand bien vous en fasse, mais alors abandonnons la Charte d'Amiens (qui appele à l'abolition du salariat et du patronnat faut-il le rappeler). “C'est dans la rue qu ça se passe quand il se passe quelque chose”.
Ce long mail (j'en suis désolé) n'aura aucun impact, mais pour moi la voix de chaque militant-e est extrêmement importante dans un syndicat comme le nôtre…
Salutations radicalement antifascistes, anticapitalistes et antisexistes. Que vive l'autogestion!
 
 
un militant de SUD Etudiant 63 qui ne se reconnait pas/plus dans sa fédé.


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U
Malheureusement d'accord avec toi.... Réveillons nous!!! Mort a la bureaucratie sociale-traître! Vivez vos Reves(olution)!
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